• Tayssa Waldron

#2-Pourquoi avons-nous la flemme de gérer notre argent ?



Me voilà dans mon lit, téléphone à la main, je sais que je ne devrais pas rester sur mon téléphone, car je sais que cela va nuire à la qualité de mon sommeil. Et pourtant me voilà prise dans le tunnel infini des réseaux sociaux.


Allez ! Une dernière vidéo ne me tuera pas.


Et promis, demain je me coucherai tôt.


Je suis victime de l’acrasie, et nous sommes nombreux et nombreuses à en être victimes et depuis toujours.


L’acrasie, c’est le fait de vouloir une chose et de faire son contraire

Quand il s’agit d’argent, on sait qu’on ne doit pas dépenser plus ce que l’on gagne ou encore épargner pour ses vieux jours.

Et pourtant même si l’intention est là, il n’est pas toujours facile de se mettre en action.

C’est toujours plus facile à dire qu’à faire.

Je procrastine, vous procrastinez, nous procrastinons…

Et ce n’est pas dû à un manque de volonté.


On ne va pas se mentir, gérer ses finances, ce n’est pas toujours la chose la plus amusante à faire. On aime rarement l’inconfort, on aime les choses qui nous font du bien et qui nous procurent du plaisir. Et c’est pour cette raison que nous sommes nombreux et nombreuses à procrastiner financièrement.

Pour savoir si vous êtes une personne qui procrastine avec l’argent, voici un petit test :

  • C’est le moment de voir votre solde bancaire, est-ce que vous repoussez ce moment ?

  • Vous faites face à un dilemme financier, sollicitez-vous l’aide d’une personne experte sans hésiter ? (Attention Google ça ne compte pas)

  • Vous avez été optimiste, vous avez souscrit un abonnement que vous n’utilisez pas, êtes-vous du genre à repousser les démarches pour vous désinscrire ?

Sans aucun doute, vous procrastinez avec l’argent.


He oui ! Tout le monde procrastine !




La procrastination est toujours le résultat d’un problème

La procrastination financière, c’est une façon de justifier la résistance que nous avons quand il s’agit de mettre le nez dans nos finances. Par exemple, c’est remettre une prise de décision financière comme ouvrir un compte épargne pour les futurs projets, changer d’assurance auto, demander une augmentation, ou encore regarder l’état de son compte bancaire.

Et le plus drôle, c’est qu’on ne se dit pas, qu'on ne le fera pas. On se dit, qu’on le fera plus tard, car là, ce n’est pas le bon moment.

Mais oui, je vais le faire, c’est juste que là tout de suite, je suis fatigué·e, mais demain, je serai en meilleure forme pour appeler la banque et négocier ce crédit.


Vous ressentez ce soulagement ?


Le simple fait de dire « ok, je vais le faire, mais prochainement », on ressent un soulagement et une sensation de progrès.

Alors qu’on a fait que repousser le problème.


La procrastination n’est pas un problème. La procrastination est toujours le résultat d’un problème. Et le symptôme de la procrastination est un problème d’anxiété. —Myron Golden

Cette définition est une parfaite illustration de la procrastination financière, c’est la preuve que c’est loin d’être un sujet de flemmardise, mais bien un sujet émotionnel. Avoir une bonne intention ne suffit pas pour passer à l’action.


Mais alors, comment vaincre la procrastination financière ?

Désolée de vous décevoir, mais il n’y a pas de recette magique pour en finir une fois pour toutes avec la procrastination. Rappelez-vous que c’est une réponse que nous utilisons pour réguler un état émotionnel négatif.

La question à se poser est : comment créer un environnement qui vous donne envie d’apprendre sur les finances, de prendre rendez-vous avec votre banque, de renégocier vos contrats, etc ?

Sur quelle tâche procrastinez-vous en ce moment ?

C’est bon, vous l’avez en tête ? On va maintenant créer un environnement pour nous donner envie de le faire.

  • La première chose à faire est de vous pardonner de procrastiner. Ce n’est plus un secret, on procrastine et on continuera à le faire, mais le mieux c’est de le faire sans culpabilité.

  • Ensuite, il vous faudra trouver une bonne raison de passer à l’action. Pour cela, je vous invite à changer de perspective et d’imaginer les bénéfices de votre décision aujourd’hui sur votre futur vous.

  • Sans aucun doute à ce stade, vous procrastinez encore, alors c’est le moment d’identifier son ennemi. Quel est le symptôme de votre procrastination ? Quelles sont les habitudes que vous recourez pour fuir ? Regardez-vous des vidéos de chat mignon sur internet ? Identifier à quoi ressemble votre état de procrastination vous aidera à reconnaître et nommer votre stress.

  • Une fois que vous avez reconnu l’ennemi, il est temps d’activer sa kryptonite : créez un petit rituel pour vous sortir de cet état comme écouter une musique qui vous donne la pêche, méditer ou encore compter 5 4 3 2 1 pour créer une rupture mentale entre vous et votre état émotionnel.

  • Pour faire rouler un ballon, il faut lui donner le premier coup de pouce pour le faire rouler. Prenez la tâche que vous procrastinez et découpez-la en 3 petites actions : une pour aujourd’hui, la deuxième pour demain et la troisième pour après-demain. Le secret est de commencer quelque part et si vous ne savez pas par où commencer la petite tâche à faire aujourd’hui sera de réfléchir quoi faire demain et après-demain.

  • Et si passer à l’action est toujours difficile, vous pouvez toujours parler de votre situation à quelqu’un. S’intéresser à ses finances n’est pas une aventure solitaire même si c’est un sujet personnel.

Nous avons abordé la notion de procrastination financière à partir de blocages internes. Je profite pour rappeler que notre situation financière ne doit pas être uniquement de notre responsabilité.

La structure de nos sociétés y est pour une grande partie responsable. Mais prendre conscience des changements que l’on peut porter sur soi est une porte ouverte au changement à plus grande échelle.

Ne cherchez pas la perfection avec l’argent, car l’argent a ses raisons que même la raison ignore. Donc le meilleur choix sera de toujours commencer petit aujourd’hui, échouer demain et recommencer après-demain.


 

🧠 Procrastination financières

C’est une façon de justifier la résistance que nous avons quand il s’agit de mettre le nez dans nos finances. Elle est le résultat d’un état émotionnel comme l’anxiété.